Peut-on utiliser sans risque des images créées par intelligence artificielle sur nos supports de formation ?
- Franck Lemesle
- 12 janv.
- 4 min de lecture
En tant que formateur, je suis souvent amené à préparer des présentations, des documents de cours ou encore des visuels attractifs pour captiver l’attention de mes apprenants. Depuis peu, les outils de création d’images assistés par intelligence artificielle (IA) ont fait une entrée fracassante dans notre quotidien. Ils promettent des visuels originaux en quelques clics, et pour un formateur pressé, ça semble être une aubaine. Mais voilà : peut-on vraiment les utiliser sans risquer de se heurter à des problèmes juridiques ?

Dans cet article, je vous propose de faire un tour d’horizon des questions de droits d’auteur et d’utilisation qui entourent ces fameuses images IA. Parce que oui, même si une machine crée l’image, le droit s’en mêle quand même !
Qu’est-ce qu’une image créée par IA ?
Avant d’aborder les aspects juridiques, clarifions ce qu’est une image IA. Ces visuels sont générés par des algorithmes qui s’appuient sur une immense base de données d’images préexistantes. Des outils comme DALL-E, MidJourney ou encore Stable Diffusion permettent de décrire ce que l’on veut et de voir apparaître une image correspondante.
Mais attention : l’IA n’invente pas ex nihilo. Elle recombine et transforme des éléments d’images existantes pour créer quelque chose de nouveau. Et c’est là que les choses se compliquent.
Les droits d’auteur : qui est l’artiste ?
La première question juridique qui se pose est celle de la propriété intellectuelle. Qui est l’auteur d’une image créée par IA ?
En droit français, seul un être humain peut être considéré comme auteur. Une machine ne peut pas être titulaire de droits d’auteur. Cela signifie qu’a priori, une image générée uniquement par un algorithme ne bénéficie pas de protection par le droit d’auteur.
Cependant, les choses ne sont pas aussi simples. Si vous intervenez activement dans le processus de création (par exemple, en ajustant les paramètres, en affinant les requêtes ou en retouchant le visuel final), vous pourriez revendiquer une forme de créativité humaine. Dans ce cas, il est possible de considérer que vous êtes le co-auteur de l’image, ce qui pourrait ouvrir la voie à une protection.
Droit à l’image et bases de données
Un autre enjeu majeur concerne les données sur lesquelles l’IA s’appuie pour générer ses visuels. Ces bases de données contiennent souvent des images protégées par le droit d’auteur. Or, si l’IA utilise une image existante comme source d’inspiration ou pour une recomposition, cela peut poser des problèmes juridiques.
Imaginez que vous obteniez une image IA très similaire à une photo célèbre. Si vous l’utilisez sur vos supports de formation, vous pourriez être accusé de contrefaçon. Même si l’image n’est pas identique, les similarités suffisent parfois à entraîner des litiges.
Licences et conditions d’utilisation
Chaque plateforme IA impose ses propres règles concernant l’utilisation des images générées. Certaines permettent une utilisation commerciale libre, tandis que d’autres imposent des restrictions.
Prenons l’exemple de MidJourney : dans sa version gratuite, les images restent la propriété de la plateforme, et vous ne pouvez pas les exploiter commercialement. Pour une utilisation professionnelle, il faut souscrire à un abonnement spécifique. Il est donc crucial de lire attentivement les conditions d’utilisation avant d’intégrer ces visuels dans vos supports.
L’éthique en question
Au-delà des aspects juridiques, se pose aussi une question éthique : en utilisant des images créées par IA, est-on en train de remplacer le travail des artistes humains ? Cette question divise. Certains considèrent que ces outils permettent d’accélérer le processus créatif sans pour autant dévaloriser la création artistique traditionnelle. D’autres y voient une menace directe pour les métiers liés à l’image.
Dans le cadre de la formation, je pense que l’important est de trouver un équilibre. Utiliser des images IA peut être une solution pratique, mais il est également intéressant de valoriser le travail d’illustrateurs ou de graphistes pour certains projets.
Comment utiliser ces images en toute sécurité ?
Voici quelques bonnes pratiques pour éviter les soucis juridiques :
Vérifiez les licences : Avant d’utiliser une image IA, assurez-vous que vous avez le droit de le faire. Consultez les conditions d’utilisation de la plateforme.
Soyez vigilant sur les similarités : Si une image générée ressemble à une création existante, mieux vaut ne pas l’utiliser.
Ajoutez une touche personnelle : En modifiant ou personnalisant l’image, vous pouvez éviter certains problèmes de contrefaçon.
Privilégiez les banques d’images libres de droits : Parfois, une solution plus simple et légale est d’opter pour des banques d’images gratuites et libres de droits.
Documentez vos choix : Gardez une trace de l’origine des images utilisées et des licences associées. Cela peut servir de preuve en cas de litige.
Conclusion
L’utilisation d’images générées par IA dans les supports de formation offre de belles opportunités de créativité et de gain de temps, mais n’est pas exempte de risques juridiques. En tant que formateurs, il est de notre responsabilité de respecter les règles et d’adopter une démarche éthique.
Pour ma part, je reste convaincu que ces outils, bien utilisés, peuvent enrichir l’expérience des apprenants. Mais comme toujours, la prudence et la vigilance restent de mise. Alors, avant de cliquer sur « Télécharger », posons-nous la question : ai-je le droit d’utiliser cette image ? Si la réponse est oui, tant mieux. Sinon, mieux vaut chercher une alternative.


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